Le 19 avril, St Jean de Monts- île d'Olonne, 62km, 305 km cumulés
Il a fait froid cette nuit (18 au 19).
Je me couve bien et en enfilant mon pull, je tords complètement mes
lunettes, on aurait dit des lunettes pour un Picasso, je les redresse
mais ce n'est pas encore ça.
J'irai lundi les faire réparer.
Je prends la route, ou plutôt la piste. Les parcours vélo sont très
bien en Vendée. Le conseil général a bien travaillé. La piste
longe souvent la mer ou circule entre les dunes. C'est là, à l'abri
du vent que je déjeune.
Il fait très beau et il y a un peu
de vent. Le paysage est varié entre la côte
et la forêt d'Olonne, qui comme celle de St Jean de Monts a été planté pour stabiliser les dunes qui par grosses tempêtes, se déplaçaient au point d'ensevelir des maisons!
Un peu plus loin, par chance au moment de la journée où
les km semblent plus longs, entre 2 et 4 heures, que je suis dépassée
par une dame, de cinquante ans environ et elle entame la conversation.
Elle a beaucoup fait de tourisme à vélo mais maintenant son mari ne
peut plus et elle fait des sorties à la journée. Elle m'accompagne
à travers la forêt et on pédale une heure ensemble. Elle n'oublie
pas de me dire qu'ils faisaient des étapes de 100km ! Elle
m'amène à un endroit où lorsque la marée monte il y a de grosses
vagues. Effectivement, on voit des surfeurs. Puis la piste repart
dans la forêt et elle me quitte peu après. Je suis proche des
Sables d'Olonne où j'arrive vers 16h. Je tournicote un peu, m'arrête
dans un café où il y a accès à la wifi et c'est de là que je
poste mon dernier article. Comme il faut bien consommer, je prends un
café liégeois, pauvre de moi !
A l'office du tourisme le dépliant,
très luxueux, des hébergements ne mentionne que des campings à
quatre étoiles, je ne tiens pas à y camper, parce que c'est très
cher et surtout parce que c'est aussi urbain qu'un camping puisse
être. Je remarque en bas de page qu'il y a un camping à la ferme à
l'île d'Olonne, à 6km environ. J'appelle et l'homme qui me répond
semble un peu surpris de mon appel et me dit que oui, je peux venir
mais qu'il n'y a pas d'eau chaude. J'arrive vers 19h. Les
propriétaires sont des agriculteurs à la retraite de 83 ans.
Ils me
parlent de l'évolution de l'agriculture au cours de leur vie :
à 18 ans ils fauchaient à la main, avaient 18 hectares et c'étaient
bien suffisant. Puis ils sont passés à 40 ha et aux machines. Ils
disent que maintenant même si les fermes sont grandes, les
agriculteurs ont du mal à s'en tirer dans la région. Leur petit
fils a repris la ferme et il produit de la viande bio. Ils ne
manquent pas de me dire qu'ils n'aiment pas Hollande, qu'il faut
voter Lepen, mais la dame, devant ma tête, ajoute que c'est une
blague. Va savoir. En tout cas ils sont pessimistes. Je n'ai pas la
présence d'esprit de leur dire que leur condition de vie est quand
même meilleur et celle du petit fils aussi !
Je m'installe, toute seule dans le
camping, mais je me garde bien de prendre une douche. On verra demain
matin selon la température. Il fait assez doux et je reste debout
jusque vers 21h30 en lisant.




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